Vote utile ou vote futile ?

Publié le par frico-racing

"La "démocratie parlementaire", avec son alternance, est le premier choix de la bourgeoisie...Si le peuple vote de bon coeur selon ce qu’on lui dit de faire"...


A ce propos, un journaliste s’interrogeait récemment :

"Le système de représentation démocratique" "par l’élection à intervalles réguliers est-il devenu une astuce commode permettant à une oligarchie politico-économique, tout en augmentant son pouvoir et sa richesse, de mener le bon peuple par le bout du nez ?"

Depuis des mois, et encore davantage depuis les "primaires" socialiste, on  nous invite à voter « utile », ou "efficace" dès le premier tour de la présidentielle.

Comme pour nous faire avaler l’idée d’un sacrifice à consentir devant un péril historique.

La question est de savoir si le remède suggéré n’est pas pire que le mal.

C’est ce qu’on pourrait appeler le « syndrome » d’avril 2002.

De quoi s’agit-il ?

Il y a cinq ans, la France avait été privée de deuxième tour, puisque au soir du premier, il n’y avait plus d’autre choix que de voter pour le candidat de la droite (Chirac) pour faire barrage à celui de la droite fasciste. Ou, à la rigueur, s’abstenir.

Mais, au nom de ce souvenir pas vraiment glorieux, voilà qu’on nous fait aujourd’hui l’article pour une autre présidentielle, tout aussi démocratiquement « pipée ».

Le président des riches en dificulté !

Le petit jeu de Sarko qui n'en fini pas de "racler l'auge" du FN (sécurité, racisme et xénophobie) pour tenter de récupérer l'électorat de la "blonde"...A défaut ce qui pourrait préfigurer une future alliance pour dans 5 ans, avec le FN (si bien "dédiabolisé" par les médias) ?

Aprés, nous avoir "venté" DSK, les médias nous "vendent" du Hollande ! (la gauche "réaliste" qui ne fera aucun mal au système*)

Pour être sûr de parvenir à la confrontation voulue entre le candidat socialiste et le candidat de l’UMP, (l'eau tiède et le feu) on nous propose donc à peu de chose près de neutraliser le premier tour.

Et « proposer » est faible. Il s’agit bien plutôt de nous y contraindre !

Pourtant, poser le postulat du « vote utile », ne revient il pas  a dire qu’en dehors des deux partis « homologués par le système » les autres candidats sont inutiles, voire nuisibles ?… Bonjour la démocratie !

Vote utile…mais utile à quoi en réalité ?

 Faire barrage à Sarkozy ? pas si sûr ? Certes, l’homme est réactionnaire et dangereux. Il incarne le néoconservatisme anti-social. 

Bien sûr Sarkozy et sa bande de profiteurs, doivent dégager.

Mais cela ne signifie pas que la perspective du retour au pouvoir du PS nous enchante.  

Cela interroge aussi et surtout sur ce qui manque à gauche…

Le parti socialiste n’a tiré aucun enseignement du 21 avril 2002 (mais le veut il ?) et considère que la faute en revient aux autres.

Il ne s’est jamais interrogé sur lui-même (le Candidat Jospin en 2002 : qui déclarait notamment...« mon programme n’est pas socialiste ! »).

L’absence d’une ambition vraiment distincte de celle de la droite, d’un vrai projet de gauche, c'est à dire anticapitaliste apparaît ici dans toute sa "splendeur" !

S'interroge t'il sur :

-Le résultat du référendum européen du 29 mai 2005 (le non majoritaire)

-Ses glissements libéraux successifs, (sensible qu’il est aux rapports de forces) résultat (aussi) de l’apathie sociale et de la paresse citoyenne actueles…(A ce propos, la grève par procuration contre la réforme des retraites a là aussi montré ses limites).

Cette fois-ci, le paradoxe du « vote utile », serait, en prétendant faire barrage au clone français de Tatcher ou Bush, de promouvoir un système à l’américaine que les deux partis (PS/UMP) appellent en fait de leurs voeux...L'alternance sans risque, pour le système ! actuellement en vigueur en Europe.

C’est pourtant ce à quoi conduit le discours "du vote utile".

Car il ne s’agir pas d’une simple tactique, d’un mauvais moment à passer. Il n’y a aucune raison pour que ces arguties ne resservent pas tous les cinq ans.

La démocratie confisquée ?

C’est donc bien d’un changement de paysage politique dont il s’agirait !

Une élection présidentielle à un seul tour qui tournerait à la confrontation répétée de deux grands partis qui, au-delà de différences certes jamais négligeables, s’accorderaient finalement, sur le même postulat libéral, hypothéquant toute possibilité de changement réel de société, ou mettant en cause la domination de la finance…de l'Europe libérale, du « marché capitaliste libre et non faussé ».

Avec le système électoral actuel (majoritaire à deux tours) et l'abstention, (30%), on assiste déjà à un changement silencieux, inavoué, rampant, qui condamne plus de la moitié de l’opinion à n’être plus représentée.

Le vote futile !

Le raisonnement du vote utile s’il était poussé à son terme (50% d’abstention aux Etats Unis) pourrait bien finir par aboutir à dégoûter des urnes (le vote futile) une partie importante de l’électorat de gauche.

Heureusement il semble, qu'à la gauche du PS, les choses bougent et se redressent, avec le Front de Gauche notamment... 

"Les politiques ne sont pas tous pourris"...

Ne pas voter, c'est laisser d'autres décider à votre place.

chasser les cons

"Si tu ne t'occupes pas de politique...La politique s'occupe de toi".

Notre affaire à tous !

Si vous pensez que « voter ne sert à rien » ou qu'ils sont « tous pareils, tous pourris », ne vous en faites pas, ceux qui contrôlent la société n’oublient jamais d’aller voter (eux). Et même s’ils sont élus avec une courte majorité, ils s’en moquent, cela leur suffit pour appliquer des politiques conformes à leurs intérêts, ceux de leur caste de privilégiés et de parasites.

Le véritable combat est quotidien...quel que soit le résultat du scrutin.

RESISTER SE CONJUGUE TOUJOURS AU PRESENT (Raymond et Lucie AUBRAC)

N'oublions pas, que ce qui fait les bonnes réformes c’est quand le PEUPLE relève la tête et montre les dents.

Les plus grandes avancées sociales, notamment en 36, 45 ou 68...ont été arrachées par la lutte, et non par la volonté d’un gouvernement, fût-il PROGRESSISTE.

Le vrai vote utile

Le vrai vote utile c’est celui qui, (en attendant d’être majoritaire) pèse assez au premier tour et détermine ou influence le second !

EN ATTENDANT "LE GRAND SOIR" ?

Devant passer par la socialisation des secteurs clefs de l'économie (en premier lieu la finance)...La construction de luttes puissantes et d’un pôle anticapitaliste indépendant capable de proposer une alternative radicale sont aujourd'hui la priorité, face à ceux qui, à gauche, n’offrent finalement que l’accompagnement du système (le moindre mal et les désillusions qui au final nourrissent, le retour de la droite, le FN, le fascisme (l'affaire Norvégienne est un révélateur). 

"L'insurrection civique" lancée par le front de gauche...pour une 6ème république, est semble t'il de nature à faire renaître l'espoir en faisant, par la même occasion, reculer le FN.

Enfin, redonner quelques crédits au rituel électoral serait de rétablir la proportionnelle et recourir régulièrement aux référendums d'initiative populaire...seuls gages d’un regain d'intérêt pour la "chose politique".

frico

Sources :

-Pour partie Politis


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Ce dessin de G Wolinski (années 80) n'a pas pris une ride !

sociaux démocrates007 *F Hollande rassure la finance et fait du mal à la gauche.

Préparant une visite en Grande-Bretagne, le candidat socialiste a  rencontré des médias anglosaxons, (fevrier 2012).

Dans cet article,(du Guardian) intitulé "François Hollande cherche à rassurer la Grande-Bretagne et la City de Londres",F Hollande revient notamment sur les années Mitterrand.

Selon le candidat socialiste à la présidentielle, « aujourd'hui, il n'y a plus de communiste en France ». Les 132 000 adhérents du PCF et ses 10 000 élus seront contents de l'apprendre.

Ses propos sur les marchés financiers méritent aussi le détour :

« La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans, au cours desquels nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a rien à craindre ».

Cela a le mérite d'être clair, les électeurs de gauche apprécieront. François Hollande dénonce comme son principale adversaire le monde de la finance mais ses génuflexions devant la City font du mal à la gauche.

 

sources :

-Guardian

-Olivier Dartigolles co-directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon


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