Retraites : Moralès n’est pas Sarkosy

Publié le par frico-racing

L’âge de la retraite passe de 65 à 58 ans...en Bolivie !

Evo Morales vient d’annoncer que l’âge de départ à la retraite passait de 65 à 58 ans. Et en raison de la pénibilité du travail, un mineur bolivien pourra prétendre au repos à partir de 51 ans.

Bien entendu, pour financer cette disposition, l’Etat augmentera de 3% les cotisations patronales et de 0.5% celles des employés.

evo morales 

A l’heure où en France et en Europe, les gouvernements de droite et socialistes repoussent l’âge de départ à la retraite à plus de 60 ans et augmentent le nombre d’annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein, (65/67 ans)…sans toucher aux revenus du capital, en Bolivie, le gouvernement Socialiste de Evo Morales à fait voter une nouvelle Loi sur les retraites, qui abaisse l’âge de départ à la retraite de 65 à 58 ans.

Cet âge sera même rabaissé à 56 et 51 ans pour les ouvriers du secteur minier. Tout cela s’inscrit dans le cadre de la reconstruction du système Bolivien de retraite par répartition mis à sac par des décennies de libéralisme économique...

Début février 2008, le président Morales avait déjà instauré une pension "dignité" destinée aux retraités vivants sous le seuil de pauvreté. Pour financer cette allocation, le gouvernement de Morales avait instauré une redistribution des richesses liée aux hydrocarbures (Gaz et pétrole), mettant ainsi à contribution les riches régions de l’est Bolivien qui s’étaient arrangées jusque là pour bénéficier de la quasi-totalité de ces revenus.

Refusant de partager le gâteau, l’oligarchie Bolivienne avait, avec à la complicité de l’ambassade américaine, tenté de déclencher une guerre civile destinée à renverser le président Morales…On s’en souvient, cette tentative de coup d’état avait été soutenu à l’époque par les grands médias occidentaux…traitant  Moralés de dictateur.

La France n’est évidemment pas la Bolivie, ses niveaux de revenus, de pensions de retraites et de vie sont très éloignés certes, mais n’y a t-il pas là, matière à s’inspirer d’un gouvernement qui élabore et vote des lois progressistes. N’y a t-il pas intérêt à s’inspirer une fois de plus de ces gouvernements progressistes latino-américains qui ont choisis leur camps entre les requins de la finance, les affameurs du FMI et de la Banque Mondiale d’un côté, et le bien-être du peuple de l’autre.

La Bolivie , comme le Venezuela et l’Equateur, ainsi que les pays membres de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques) ont décidé depuis quelques années déja de renvoyer les technocrates du FMI dans leurs bureaux New-yorkais, et de gérer eux-mêmes leurs pays, leur économie, et leurs systèmes de retraites. Contrairement aux gouvernements Européens, celui de Evo Morales, estime que l’humain passe avant les considérations économiques, il estime aussi que ce sont ceux qui ont le plus et qui provoquent les crises financières qui doivent mettre la main à la poche.

Il estime que les ressources de son pays ne doivent plus servir à garnir les comptes des multinationales étrangères et des oligarques locaux, mais au contraire à développer économiquement et socialement une nation désormais libre du diktat des marchés financiers et de ses alliés. Une belle source d’inspiration que cette Amérique Latine rebelle et progressiste n’est-ce pas ?

Ne devrait-on pas avoir les yeux rivés sur ces nations et ses peuples qui remettent en cause ce que l’on a commencé à nous faire subir ici : à savoir la dégradation de nos conditions de vies et la destruction de nos acquis sociaux, résultants d’années de luttes, tout cela au nom de la course au profit des plus riches et du libre-marché "sacré".

Frico  

source - AFP et legrandsoir.info


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