Histoire du 1er mai

Publié le par frico-racing

« Fête du travail » ou 

« Journée internationale de lutte des travailleurs » ?  

C’est Vichy* qui décrète que le 1er mai est la "fete du travail et de la concorde nationale" en 1941, tentant ainsi d’effacer l’origine réelle du 1er mai...ce que continuent de faire les "colabos" d'aujourd'hui !

-En fait, l’histoire du 1er mai est étroitement liée à celle du mouvement ouvrier.

-Le 1er mai 1886 éclate à Chicago des émeutes pour réclamer la journée de 8 heures. 

-En 1889, le congrès international ouvrier socialiste (IIe internationale) se réunit à Paris à l'occasion du centenaire de la Révolution française et vote la résolution suivante:

Il sera organisé une grande manifestation à date fixe, de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail... 

-Cette revendication sera accordée, en France, au lendemain de la première guerre mondiale.

-Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire, qui permettra les premiers congés payés. 

-En 1947 après la seconde guerre mondiale, le 1er mai devient jour férié.

-En 1968 interdites depuis des années, les manifestations sont autorisées ! (de fait)haymarket

La génèse :

Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200.000 travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures. Le souvenir de cette journée amène les Européens, quelques années plus tard, à instituer une «journée internationale des travailleurs». Bien que prêtant à confusion, cette journée est aujourd'hui appelée par les « maitres a penser de la désinformation » «Fête du Travail».

Au cours du IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures.

Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable. Arrive le 1er mai 1886. Beaucoup de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur.

Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago.

Une marche de protestation a lieu le lendemain mais dans la soirée, une bombe explose tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.

Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré l’absence de preuve.

Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies : «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui».

Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale  réunit donc à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française.

Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Jusque-là, il est habituel de travailler dix ou douze heures et plus par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).

Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera «organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation.»

Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation tourne au drame. La troupe équipée des nouveaux fusils Lebel et Chassepot tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers.

1ermaiGrandjouan

Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, devient le symbole de cette journée.

Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.

L'horizon paraît s'éclaircir après la première guerre mondiale.

Letraité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247 «l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue» !

En avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé...Mais pas pour autant une fête légale.

Autrement dit, le 1er mai s’il est aujourd’hui férié n'est toujours pas désigné officiellement comme "Fête nationale" .

frico

-*Sous l'occupation allemande, le 24 avril 1941, le 1er mai est désigné comme "la Fête du Travail et de la Concorde sociale" et devient chômé. Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy.

À cette occasion, la propagande  officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd'hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !


Le 1er mai 2011

Quasiment éclipsé par les noces princières et la béatification du pape, c’est pourtant dans un contexte d’approfondissement de la crise du système, de chômage, de catastrophe nucléaire au Japon mais aussi de révolutions et de guerre au sud de la Méditerranée que se déroulera la journée internationale de luttes des travailleurs du 1er Mai.

Partout, le fait marquant de la période, est le développement des plans d’austérité imposés par le capital mondialisé, le dumping social, la mise en concurence des peuples, la casse des acquis sociaux et des services publics.

En France, pendant que les profits explosent (82, 5 milliards d’euros pour les entreprises du CAC 40), que les cadeaux fiscaux au patronat et aux plus riches continuent de plus belle (140 milliards d’euros pour 2010), les salariés eux sont sommés de se serrer la ceinture et voient leur pouvoir d’achat descendre en flèche.

Pour les malades, l’accès aux soins est remis en cause et le service public de la santé devient une peau de chagrin. Les soins et les médicaments sont de moins en moins remboursés.

La dette (crée et entretenue) par les états, la crise dont les capitalistes sont responsables sont utilisées pour casser nos acquis sociaux.

Pourtant, ces dernières semaines en France, des grèves pour les salaires éclatent un peu partout et dans de très nombreux secteurs d’activités.

Ce 1er Mai est une occasion importante de mettre en avant toutes ces luttes et de revendiquer une autre répartition des richesses et en premier lieu l’augmentation de tous les salaires de 300 euros net avec un minimum de 1 500 euros net mais aussi d’en finir avec les exonérations de cotisations sociales, les suppressions d’emplois.

Et plus largement, ce qui doit s’exprimer, c’est une véritable alternative, en rupture avec ce système qui fait faillite.

Les raisons sont nombreuses pour que ce 1er Mai soit un succès pour faire entendre que, au Nord comme au Sud, nous refusons de payer leurs crises !cache 1074506712

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Pingard Alain 01/05/2016 08:59

Bonjour très intéressant et ludique merci beaucoup pour ce cours d' histoire.