27 février 1933 : Incendie du Reeichstag

Publié le par frico-racing

27 février 1933 : Incendie du Reeichstag

Dans la nuit du 27 au 28 février 1933, un incendie ravage le Reichstag, le bâtiment qui abrite le Parlement allemand. Les nazis, déjà en partie au pouvoir, accusent les communistes du forfait. Plus de 100 000 opposants sont arrêtés et jetés dans les premiers camps de concentration. Le 22 février 2013, l’Humanité publiait un article de l’historien Jean-Philippe Mathieu sous ce titre :

"L’incendie du Reichstag, « acte de naissance du régime nazi"
« Dans la nuit du 27 au 28 février, un incendie ravage le Reichstag, le bâtiment qui abrite le Parlement allemand. Sur les lieux, la police découvre un Hollandais de vingt-quatre ans, Marinus Van der Lubbe, ex-membre des Jeunesses communistes et « prolétaire déclassé en révolte ». Jugé à Leipzig en septembre, condamné à mort en décembre, il est exécuté en janvier 1934.
Est-il l’un des incendiaires ? Incontestablement, oui. Il a été pris pratiquement en flagrant délit. Du reste, pour inciter les Allemands à la révolte, il avait déjà essayé trois fois de mettre le feu à des bâtiments publics, sans succès (mais sans se faire prendre).
A-t-il agi seul ? Incontestablement, non. Le chef des pompiers de Berlin (qui l’a payé de sa vie) a démontré que c’était impossible.
Qui a donc mis le feu au Reichstag ?
Enquêtes, contre-enquêtes, hypothèses et réfutations ne manquent pas. Il est évidemment tentant et nullement invraisemblable d’accuser les nazis, à qui le crime profite. Le fait est que, sur le plan policier, l’énigme n’est pas résolue. Certes, l’enquête a été bâclée, entravée par les autorités nazies, et ni les complices ni les instigateurs n’ont été sérieusement recherchés, « faute de temps » selon le commissaire chargé de l’affaire… Mais cela ne permet pas de déduire l’identité des commanditaires.
La thèse nazie accusant les communistes est clairement absurde, l’acte ne correspondant ni aux méthodes, ni à la tactique, ni à la stratégie du KPD. Et les communistes avaient bien plus à perdre qu’à gagner dans cette affaire. Les flammes n’étaient pas celles de la révolution.
En revanche, l’incendie servait les intérêts du pouvoir et la thèse d’un incendiaire unique stipendié par le Parti communiste convenait parfaitement aux dirigeants nazis, qui ont dès lors tout fait pour qu’elle soit la seule thèse officielle.
Depuis le 30 janvier 1933, Hitler est chancelier du Reich. Il n’y a encore que deux autres nazis dans son gouvernement, dont Hermann Göring, qui obtient du maréchal von Hindenburg, président du Reich, pratiquement tous les pouvoirs en Prusse dès le 6 février 1933. Et Göring en use : dissolution du parlement prussien, éviction du ministère social-démocrate, incorporation des SA dans la police, ordre à celle-ci de faire usage de ses armes et garantie d’être couverte « quelles qu’aient été les conséquences de ses actes ».
Aux élections de novembre 1932, le Parti nazi, encore groupusculaire en 1930, obtient près de 12 millions de voix mais recule par rapport à juillet 1932. Le 6 février 1933, Hindenburg dissout le Parlement et fixe au 5 mars suivant les élections, qui seront « certainement les dernières du siècle à venir », selon Göring. Et ces élections, les nazis veulent les gagner coûte que coûte. Arrivés très vite devant le Reichstag en flammes, Hitler et Göring déclarent immédiatement que l’incendie est un coup des communistes et qu’il convient « d’anéantir d’un poing de fer cette peste mortelle ». Les opérations commencent dès le 28 février.
L’incendie est présenté par la presse nazie comme la première phase d’une guerre civile décrétée à Moscou. Les journaux communistes et sociaux-démocrates sont interdits ; environ 12 000 opposants au nazisme (pour l’essentiel communistes et sociaux-démocrates) sont arrêtés dans les quarante-huit heures, 100 000 dans les semaines suivantes, et jetés dans les premiers camps de concentration. Enfin, l’incendie du Reichstag sert de prétexte, dès le 28 février, à une « ordonnance du président du Reich pour la protection du peuple et de l’État » suspendant « provisoirement » les droits constitutionnels fondamentaux (liberté des personnes, inviolabilité du domicile, secret postal, liberté d’opinion, de réunion, d’association, droit de propriété).
Aussi est-ce à une véritable seconde prise de pouvoir des nazis qu’on assiste ces jours-là. L’incendie du Reichstag est bien le véritable « acte de naissance du régime nazi » (1).
Le procès de Leipzig donne lieu à une contre-attaque qui prend deux formes : la publication d’un Livre brun, et l’organisation d’un contre-procès à Londres.
Le Livre brun conclut que « Göring est l’organisateur de l’incendie du Reichstag ». Il consacre 80 pages à l’incendie et plus de 300 à la répression, à l’anéantissement de la culture, aux camps de concentration, à la persécution des juifs, etc. Les journaux du monde entier en rendent compte.
Fondé en mars 1933, le Comité international d’aide aux victimes du fascisme (président d’honneur : Einstein ; le président est lord Marley, vice-président de la Chambre des lords ; Gide, Romain Rolland, Malraux, Paul Langevin en sont membres) crée une « commission d’enquête internationale sur l’incendie du Reichstag », constituée de juristes, qui organise à Londres du 14 au 18 septembre 1933 un contre-procès concluant à « de fortes présomptions de la culpabilité des dirigeants nazis ».
Le procès des soi-disant incendiaires Le 9 mars 1933, on arrête trois Bulgares, accusés d’avoir fomenté l’incendie avec Van der Lubbe et Ernst Torgler, député communiste. L’un des trois est Georges Dimitrov, membre du comité exécutif de l’Internationale puis responsable du Komintern, dont le bureau est à Berlin depuis 1929 et qui chapeaute les partis communistes allemand, français, belge, polonais, italien et autrichien. Dimitrov séjourne à Berlin sous une fausse identité. Le procès s’ouvre à Leipzig le 21 septembre et tourne rapidement au fiasco pour les nazis. Dimitrov, parfaitement préparé, maître de lui et d’un calme olympien, démontre l’inanité de l’accusation, ridiculise Göring devant l’opinion internationale, et fait voir à quel point le président de la cour est aux ordres du pouvoir, décrédibilisant la justice. Le 23 décembre, les trois Bulgares sont acquittés mais maintenus en prison. Le 15 février, l’URSS leur octroie la nationalité soviétique. Le 27 février, ils sont expulsés d’Allemagne et arrivent à Moscou. Un échec pour le régime ».
(1) Lire Feu au Reichstag. L’acte de naissance du régime nazi, de Gilbert Badia. Éditions sociales, « Problèmes », 1983, 334 pages.

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