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Radars : STOP à L’hypocrisie et à la répression

Publié le par frico-racing

Au moment ou 130 députés proposent d'assouplir l'arsenal répressif, alors que 77% des Français estiment que le système de retrait de points est trop sévère, Motomag relance le débat dans son N°260 de septembre... 

Constat:

Pour qu’une réglementation soit admise et appliquée par tous, il faut qu’elle soit crédible, juste et équilibrée...

Face à l'hypocrisie du discours actuel dégoulinant de bonnes intentions sur la sécurité routière et à un Etat qui a mis en place un système répressif aussi froid qu'injuste relayé par un discours mensonger qui n'a d'autre but que de remplir les caisses de l'Etat en infantilisant les citoyens pour faire de chacun de nous un délinquant potentiel, il est temps d’agir !

La réalité…

Comme pour chaque loi permissive, le moindre "fait divers routier  sanguinolent" est mis en avant par les médias aux ordres et exploité par le gouvernement pour alimenter ses campagnes culpabilisantes…

L'effet des limitations de vitesse ?

Un impact sur la sécurité routière systématiquement surestimé.

La fiabilité des contrôles qu'on nous présente comme exemplaire : 60 % des délits échappent au système...

L'honnêteté des interventions policières ?

Comment en juger alors qu'on leur fixe des objectifs chiffrés à respecter ?

Les résultats de cette politique qui se veut vertueuse ?

Des jeunes pour qui passer le permis relève désormais de l'exploit. Deux millions de personnes au moins qui conduisent tous les jours sans permis et sans assurance.

Un système de contrôle basé en partie sur un fonctionnement douteux.

La transformation d'honnêtes citoyens en délinquants présumés, car il s'agit avant tout de culpabiliser les usagers, de neutraliser ceux qui oseraient protester contre ça (mais pas seulement).

Une focalisation suspecte :

Alors que pour les accidents de travail (1.4 millions par an) par exemple on cherche encore les campagnes de sensibilisation ?...Il me faut tout d’abord dénoncer "l'étonnante" focalisation faite sur le nombre de morts sur la route alors que bien des domaines en font chaque année autant et plus sans que personne ne s'en émeuvent particulièrement. Outre les accidents du travail cités plus haut…il y a 4  fois plus de morts par accident domestiques chaque année que sur les routes. Pourtant là aussi, les campagnes de sensibilisation n'ont rien à voir en terme de fréquence et d'intensité…les suicides, n’en parlons pas !*

Des idées reçues :

Contrairement au discours officiel, la baisse du nombre de morts sur les routes n'est pas lié (directement) à la baisse de la vitesse, mais pour beaucoup à l'amélioration des équipements routiers et des véhicules avec la généralisation des dispositifs d'aide à la conduite (ABS, ESP) ou de protection (airbags, carrosseries déformables, etc.)…aux États-Unis où la vitesse est bien plus réduite qu'en France mais où les véhicules sont mal équipés au niveau des éléments de sécurité, le nombre de morts en proportion de la population est bien plus important.

Alors que les autres pays européens ont "d’aussi bons résultats" sans matraquer autant les usagers…le système de contrôle de la "violence routière" institué en France est le plus répressif au monde. Aucun autre pays n'a mis en place un système totalement automatisé qui nie le droit à chacun de recevoir une condamnation adaptée à son cas particulier.

Questions :

-Conduit on sereinement et en toute sécurité quand on a en permanence un œil rivé sur l’aiguille du compteur…le GPS…l’autre sur les panneaux qui changent tout les cent mètres ou à tenter de deviner ou les "pandores" vont vous tendre une embuscade ?

-Conduit on sereinement et en toute sécurité quand l’opération consistant à dépasser un autre véhicule devient une gageure parce qu’il faut retenir la pédale pour ne pas dépasser la vitesse autorisée tout en respectant les distances de sécurité ? 

Radars, le racket fiscal…

Sanctionner les chauffards imprudents qui mettent en danger la vie d’autrui semble à première vue normal. S'il n’a rien inventé en la matière (il a des prédécesseurs à "gôche") il faut néanmoins constater que la "croisade" entreprise par Chirac, un certain 14 juillet 2002, contre "l’insécurité routière" a été appliquée et largement amplifiée par Sarkozy et prend une tournure répressive inacceptable.
L’État a en effet découvert dans les radars une manne inépuisable...

90 à 135 euros :

C’est le montant de l’amende pour excès de vitesse que risque chaque automobiliste lorsqu’il prend sa voiture ou son 2RM.
Des milliers de radars fixes et mobiles traquent aujourd’hui les dépassements de vitesse sur l’ensemble du réseau routier français.

Un impôt déguisé de plus:

Sans doute l’un des plus rentables. Pour un coût de 20 000 euros, achat et mise en place comprise, un radar rapporte chaque année 120 000 euros aux caisses de l’État.

Les usagers de la route alimentent déjà beaucoup les caisses de l’Etat avec la TVA, la taxe de circulation (cartes grise) les péages, les taxes sur les carburants.

En 2009, le produit des amendes radars devrait s'élever à 550 millions d'euros, soit une hausse prévisible de 23% par rapport à 2008 en raison du nombre plus élevé d'installations qui devrait passer de 2.346 à 4.500 d'ici à 2012.

Pourtant depuis 2007, la diminution des recettes unitaires des radars  est de 17%. Si cette baisse se poursuit, les recettes des amendes ne couvriront plus dès 2017 le coût de maintenance toujours plus important des radars automatiques...d’ou l’idée de certains de supprimer les panneaux d’avertissement.

Mais les contributeurs sont toujours plus nombreux, le parc automobile étant en constante progression.
Une fois flashé, qu’il soit au volant, au guidon ou non, le propriétaire doit payer.

Les contestations sont maintenant quasiment impossible…(la procédure étant de toute façon dissuasive).

Éric de Caumont, avocat spécialisé dans les litiges routiers : souligne en substance "On ne devient pas tout à coup un assassin potentiel parce qu’on a roulé à 132 km/h au lieu de 130"… "et on ne fait pas la guerre pour 90 euros, alors les usagers verbalisés préfèrent payer et être tranquilles, surtout s’il leur reste des points sur le permis. Cela, les administrations le savent pertinemment"  note-t-il.

Ainsi depuis 2006, il est possible au fonctionnaire de police de dissocier au sein d’une même contravention l’amende du retrait de point facultatif. Manière de faire comprendre au contribuable-automobiliste qu’en fait une seule chose intéresse l’État : son porte-monnaie.

Poudre aux yeux et falcifications :C’est tout le sens de la multiplication des "Grenelles bien pensant", en les habillant de la culpabilisation nécessaire…et on multiplie les taxes, les amendes, au nom de la défense de la sécurité routière ou et c’est très tendance…de la protection supposée de la planète…(on peut s’attendre ici à une avalanche de taxes)…mais ceci est une autre histoire sur laquelle je reviendrai d’ici peu).

Cela signifie-t-il qu’il ne faut pas se préoccuper de la sécurité des citoyens, et pratiquer la politique du laisser-faire ? Bien sûr que non, il y a sur la route de véritables assassins potentiels, qui n’ont aucun respect pour la sécurité d’autrui...

Pour une action concertée contre le système actuel de verbalisation/répression des excès de vitesse.

Alors que faire :

Un gouvernement digne de ce nom, s’il voulait retrouver la confiance des citoyens, ne persécuterait pas l’ensemble des usagers en les traitant comme des délinquants en devenir, alors qu’ils n’ont, la plupart du temps, provoqué aucun danger pour la vie d’autrui.

Une politique de "sécurité routière", pour être crédible, admise et soutenue par la population, ne saurait uniquement focaliser sur la vitesse et doit être exempte de tout quotas de verbalisation "suggérés" aux forces de l’ordre.

-Elle devrait bénéficier d’une baisse de la TVA sur les équipements de sécurité.

-La gratuité des autoroutes (puisque plus sûre).

-Reposer sur une amélioration du réseaux routier, des transports collectifs et du ferroutage.

-Pour finir, et c'est une évidence, elle doit d’abord reposer sur une formation digne de ce nom (on apprend à passer le permis…pas à conduire).

Les contrôles de vitesse devraient tenir compte (la technologie le permet) :

-De l’accidentologie et du risque réel pour chaque tronçon de route

-Donc de l’état et du type de voie visée

-Des disparités entre les véhicules (Auto, 2RM, camion)

-Du flux et des conditions générales de circulation (densité, nuit, pluie)

Au lieu de faire "le dos rond" sur cette question, au moment ou le pouvoir durcit encore le dispositif, il convient de relever les contradictions du système pour le combattre et le faire évoluer dans le sens…"du bon sens", de la responsabilité individuelle et collective…(l'expérience Lyonnaise)

Questions subsidiaires :

- Bientôt des camions de 60 tonnes sur  nos routes (vive l'Europe)...est ce bon pour la sécurité routière ?

- Un gouvernement qui saborde le système de santé public, la sécurité sociale et veut allonger le temps de travail (liquidation des 35 h, travail du dimanche, retraite à 67 ans) se soucie t’il réellement de la santé des  gens ??

frico

  -Voir Motomag N°260 septembre 2009

1)*Voire mes autres articles sur le sujet:

"L’état des droits de l’homme en France"

"Les radars ont toujours raison"

"Radars ou pompes à fric ?"

2)*voire article "Le travail lieu de violence et de mort" sur :

http://www.mondediplomatique.fr/2007/07/THEBAUD_MONY/14949
3) Voire également : "La France sans permis"

d’Airy Routier, Albin Michel, 2007, 244 p, 15 €.
Biographie de l'auteur : Dans La France sans permis, Airy Routier, rédacteur en chef au Nouvel Observateur, dévoile une vaste entreprise de désinformation. L'auteur brise le conformisme ambiant sur un sujet tabou, avec ce document choc qui, tout en évoquant son expérience personnelle, est un réquisitoire et une sorte de "manuel pratique" pour sauver son permis.

Toutes mes vidéos sur:

http://fr.youtube.com/watch?v=xx5mRnGLjkk

 

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