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Crèche, croyances, culture et laïcité...

Publié le par frico-racing

Rien d'anodin dans ce débat...

Crèche de Noël interdite en Vendée : je me suis battu au nom de la laïcité

Par 
Président de la Libre pensée de Vendée.

Pour ce Noël 2014, il n’y aura pas de crèche de la Nativité dans l’enceinte du Conseil général de Vendée. Au nom de la laïcité, le tribunal administratif de Nantes a fait retirer l’installation. Une crèche a-t-elle sa place dans un bâtiment d’État ? Jean Regourd, président de la fédération de la Libre pensée de Vendée, a demandé le retrait de cet emblème religieux. Il nous explique ses raisons.

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Décembre 2010. Comme tout citoyen, je me rends au Conseil général. J’y découvre alors une crèche célébrant la Nativité dans le hall d’entrée. La vierge Marie, Joseph, etc, impossible de ne pas la voir. Un an plus tard, je me rends compte que la crèche est une nouvelle fois installée, mais il est trop tard pour réagir.

 

Ce n’est qu’en 2012 que j’ai pris les devants en envoyant une missive au Conseil général de Vendée pour demander au président de ne pas aménager cette crèche. N’ayant aucune réponse, la Fédération de la libre pensée de Vendée a saisi le tribunal administratif pour excès de pouvoir.

 

Lundi 1er décembre, nous avons obtenu gain de cause :

 

"La décision implicite du président du Conseil général de la Vendée refusant d'exercer ses pouvoirs pour interdire l'installation d'une crèche de la nativité dans le hall de l'hôtel du département est annulée." 

 

Cette année, il n’y aura donc pas de crèche au Conseil général de Vendée. Et c’est bien normal.

 

La loi doit être respectée

 

Une crèche est un emblème religieux qui n’a absolument pas sa place dans l’espace public. Le premier article de la Constitution de 1958 est clair :

 

"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion."

 

Tout comme l’article 28 de la loi de 1905 instaurant la séparation de l’Église et de l’État :

 

"Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions."

 

Alors une collectivité territoriale peut-elle imposer à l’ensemble de ses citoyens sa vision du monde ? Je n’avais aucune envie d’être le redresseur de torts, mais la loi se doit d’être respectée.

 

Une crèche est un objet de culte

 

Ne pas respecter le principe de laïcité, c’est aller à l’encontre de la liberté de conscience des citoyens. En imposant des emblèmes religieux sur les lieux publics, le risque est de tomber dans le communautarisme, le groupe qui se reconnaît dans ce culte pouvant alors revendiquer des droits particuliers et différents des autres citoyens.

 

Comprenez bien, je ne suis pas pour une interdiction des crèches ailleurs que dans l'espace public. J’estime simplement que les emblèmes religieux n’ont rien à faire dans un lieu qui appartient aux collectivités territoriales, et représentent l’État, la République.

 

Je ne m’opposerai pas à des guirlandes décorant les rues de ma ville ou à une étoile en haut d’un sapin, car, jusqu’à preuve du contraire, ils ne font pas l’objet d’un culte.

 

La frontière entre le cultuel et le culturel

 

Ce n’est pas la première fois que le principe de laïcité n’est pas respecté. Il est primordial que notre société comprenne que tout ce qui est cultuel n’est pas culturel. La culture est universelle, les cultes ne concernent que quelques citoyen(ne)s. La loi de 1905 stipule qu’il est également interdit que l’État subventionne d’une quelconque façon un culte.

 

Quand il y a une procession dans un village ou des cloches qui sonnent, c’est le maire qui en est responsable, mais il ne doit en aucun cas utiliser les fonds publics.

 

Les Ostensions limousines, par exemple, sont des processions qui se déroulent tous les sept ans dans certaines communes du Limousin. En 2014, le Conseil d'État a débouté les associations qui les organisent et celles-ci doivent restituer les sommes versées – notamment par le Conseil régional du Limousin qui avait versé des subventions pour l’organisation de l’événement – du fait du non-respect de la loi de séparation de l'Église et de l’État.

 

La crèche au Conseil général de la Vendée est de présence récente ! La loi de décentralisation de 1982-1983 donne une autonomie aux Conseils généraux. Ces derniers quittent alors souvent les préfectures (il n'y avait pas de crèches !) pour s'installer dans leurs propres bâtiments datant alors des années 1990. La crèche a dû être installée dans ces années-là. Comme "tradition culturelle", on est en droit de s'interroger !

 

La religion catholique plus présente que d’autres ?

 

Certains Vendéens voudraient nous faire croire que cette crèche est rattachée aux traditions, qu’ici elle a davantage sa place qu’ailleurs, mais la Vendée est un département comme un autre où l’espace public ne doit pas devenir un lieu de culte.

 

À Béziers, Robert Ménard a lui aussi décidé d’installer une crèche dans la mairie. Cela va à l’encontre de nos lois.

 

À y regarder de plus près, la religion catholique semble s’imposer davantage que les autres dans l’espace public. Aussi les croix de mission que l’on trouve au croisement de deux chemins doivent-elles être dressées sur un terrain privé et non communal.

 

A-t-on déjà vu des emblèmes religieux du culte protestant, musulman ou israélite dans l'espace public? La laïcité s’y impose à tous sans exception.

 

Que doit-on penser des bénédictions de cartables auxquelles on peut assister en Vendée à chaque rentrée ? Soit, mais elles doivent se tenir exclusivement dans des lieux de culte. C’est aussi simple que ça.

 

On sait que l’Église est en crise, alors peut-être essaye-t-elle d’attirer les fidèles par ce genre d’initiative, ou par l’intermédiaire des autorités locales. Ces dernières n’en ont pas le droit.

 

Faire appel semble difficile

 

Nous avons laissé la justice se prononcer sur cette affaire et elle a tranché en notre faveur. Il semblerait que le Conseil général souhaite faire appel de la décision, mais le jugement me semble difficilement attaquable.

 

Notre but, je le répète, est de faire respecter la liberté de conscience de tous les citoyens sur ce qu’est un emblème religieux dans l'espace public et donc de faire respecter leur "égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race, ou de religion". 

 

Propos recueillis par Louise Auvitu


Fédération nationale de la libre pensée : link


Il est a noter que c'est la droite et son extrème qui instrumentalisent la religion. Bruno Retailleau, le chef de file des sénateurs UMP et président du conseil général vendéen, va introduire un recours contre ce jugement. Il entend s’opposer aux « ayatollahs du laïcisme »...

À Béziers, c'est Robert Ménard, élu du Front national, qui a décidé de conserver la crèche installée dans sa mairie, contre l’avis des services de l’État qui l’avait invité à respecter les « dispositions constitutionnelles et législatives garantissant le principe de laïcité ».


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