12 avril 1961 : Iouri Gagarine, premier homme dans l’espace

Publié le par frico-racing

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12 avril 1961 : Iouri Gagarine, premier homme dans l’espace
12 avril 1961 : Iouri Gagarine, premier homme dans l’espace

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l'Union des républiques socialistes soviétiques sont les deux seuls pays ayant les capacités économiques de financer la recherche dans le domaine des fusées civiles et militaires. Aspect essentiel de la guerre froide voulu par les USA (1), il s'ensuit une véritable "course à l'espace" (et aux armements) entre les deux pays, pour montrer à l'autre et au reste du monde l'étendue de sa puissance scientifique et militaire...L'objectif est d'être le premier à envoyer un satellite, puis un homme dans l’espace...Avec à terme la Lune en point de mire !

C'était il y a 58 ans, le 12 avril 1961. Une date que comme moi, tous les passionnés d'espace gardent en mémoire...

Trois ans et demi après Spoutnik 1, premier satellite lancé dans l’espace (par L'URSS voir plus bas) et précédé (1958/59) par six missions destinées à s'écraser sur la Lune, dont deux réussies (photos de la face cachée), Gagarine, ouvrier et fils de paysans, est dans sa cabine de 2,3 mètres de diamètre, il sera le premier homme à avoir vu la terre depuis l’espace !...Mais il n’avait pas d’appareil photo !

Une caméra était bien installée à bord du vaisseau Vostok C (« l’orient »), au-dessous du panneau des instruments, mais uniquement pour filmer Gagarine. Les images sont reçues pendant une partie du vol, quand le vaisseau Vostok est en visibilité de l’URSS... il n’y a pas d’images de la Terre prise depuis le vaisseau Vostok-1… Ce qu’a vu Gagarine n’a pas été immortalisé sur la pellicule (sauf reconstitution voir plus bas). Il faut se contenter de l’enregistrement, comme cette phrase prononcée le 12 avril à 6h13 UTC : « Le vol se poursuit normalement. Je peux voir la Terre. La visibilité est bonne… Je vois à peu près tout. Il y a de l’espace en dehors de la couverture de cumulus. Je continue le vol. Tout se passe bien » ou encore à 6h17 UTC : « Je peux voir la Terre par le viseur du Vzor » (un système de visée centrale entouré de 8 miroirs périscopiques qui permettent au cosmonaute d'aligner son vaisseau avec l'horizon terrestre).

Contrairement à ce que laissent entendre certaines transcriptions des échanges radio pendant le vol, celui si n'est pas de tout repos et pas totalement nominal (voir ci-dessous)

En particulier, après les premières manœuvres de freinage préparant le retour sur Terre, le vaisseau Vostok se met à tourner rapidement sur lui-même, à une vitesse de l'ordre de 5 tours par minute (30°par seconde). Dans son rapport de vol, Gagarine écrit : « ça valsait : la tête, les pieds, la tête, les pieds, à une vitesse de rotation considérable. Je voyais tantôt l'Afrique, tantôt la ligne d'horizon, tantôt le ciel. J'avais à peine le temps de me protéger du soleil pour éviter qu'il ne me tombe dans les yeux. J'ai tendu mes pieds vers le hublot, mais sans fermer les caches... La séparation ne se faisait pas... Au bout de deux minutes, rien : pas de séparation. »

Dans ce même rapport, Gagarine écrit encore :

« Au téléphone, j'ai indiqué que la sépration n'avait pas eu lieu. J'ai décidé que la situation n'était pas une urgence et j'ai transmis le code VN4 », pour « Vse Normalno » (Tout va bien !).

Selon Gagarine, la séparation s'est finalement effectuée alors que le Vostok survolait la méditerranée. Le reste est presque de la routine : passer les couches hautes de l'atmosphère sans brûler, déclencher son siège éjectable à 7000 mètres puis ouvrir son parachute...

Gagarine est récupéré le 12 Avril 1961 à 8:05 UTC, au sud-ouest d'Engels Smelovka, à Saratov. C'est Anna Takhtarova, une habitante locale qui le voit en premier. On dit qu'elle croit voir un espion américain.

Ce fut le seul vol que Gagarine effectua dans l’espace...

En 1963, il fut nommé sous-directeur du Centre d'entraînement des cosmonautes. Poursuivant son entraînement, il devint membre de l'équipe soviétique d'alunissage. En avril 1967, la mort du cosmonaute Vladimir Komarov pendant le premier vol de Soyouz changea son destin : Devenu héros soviétique, Gagarine était devenu un symbole trop précieux pour que l’URSS risque de le perdre dans un accident de vol. Ayant finalement obtenu sa réintégration dans le programme de vol, le 27 mars 1968, Gagarine et son instructeur de vol, Vladimir Seryogin, décollèrent pour une mission d'entraînement habituelle dans un jet biplace. Gagarine s'écrasa non loin de l'aérodrome et fut tué sur le coup. Son décès bouleversa l'Union Soviétique. Gagarine est enterré au Kremlin, sanctuaire des héros soviétiques.

- (1) La guerre froide n’avait rien d’inéluctable. Pendant trente ans, les Etats-Unis et l’URSS ont vécu dans une relative concorde, au point même de se retrouver alliés pendant la seconde guerre mondiale. C’est l’émergence, côté américain, de la politique de l’« endiguement » qui mettra le feu aux poudres et provoquera la rupture de la « Grande Alliance ». Dès les premiers mois de son entrée en fonction (12 avril 1945), poussé par le glissement à droite de l’opinion américaine, le président américain Harry Truman décide qu’il en a assez de « pouponner les Soviétiques ». Il s’aligne peu à peu sur une administration américaine où les tenants d’une attitude ouverte cèdent le pas aux partisans d’une ligne plus dure.

Source en partie : http://regard-sur-la-terre.over-blog.com/article-12-avril-1961-iouri-gagarine-premier-homme-dans-l-espace-et-premier-regard-vers-la-terre-d-un-humain-en-orbite-71515538.html

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Publié dans Science et Culture

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