L'Édito du Bureau national de la FFMC

Publié le par frico-racing

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L'Édito du Bureau national de la FFMC

Bravo à toutes et tous !

Depuis ce début d’année, une mobilisation exceptionnelle s’est faite à travers tout le territoire, et ce grâce à votre motivation. Grâce à vous, bénévoles, adhérents, sympathisants, sociétaires membres de la FFMC, ce sont plusieurs dizaines de milliers d’usagers qui sont descendus dans la rue pour dire leur mécontentement. Un mécontentement cristallisé par la mesure d’abaissement de la vitesse de 90 à 80 sur la plus grande partie de notre réseau routier secondaire. Un mécontentement qui dit que l’immense majorité des usagers de la route refuse cette politique de sécurité routière qui exclut, réprime, sanctionne et règlemente, sans jamais que la concertation avec les spécialistes que nous sommes, ce qui est clairement reconnu à travers notre participation aux travaux du CNSR, ne soit prise en compte. C’est également un grand nombre de parlementaires, lassés par des décisions prises sans consultation aucune par le gouvernement. Ainsi, le Sénat a formé une commission d’étude pour déterminer si cet abaissement de la vitesse est pertinent. Cette commission va auditionner la FFMC et 40 millions d’automobilistes pour prendre l’avis des experts que sont ces associations qui représentent l'ensemble des usagers de la route. En parallèle, nombre de députés ont interpellé le gouvernement et le Président Emmanuel Macron, pour l’instant resté en-dehors de ce débat, en argumentant sur leur refus d’être mis devant le fait accompli d’une mesure incompréhensible et impopulaire.

Soyez attentifs, suivez nos sites, nos pages Facebook, Twitter : les actions vont se multiplier, l’hiver sera chaud et le printemps brulant !

Trouvez les coordonnées des antennes FFMC en cliquant dans la carte !

 

La propagande de la DSR

Dans le même temps, alors que le Sénat avait demandé au gouvernement de suspendre cette décision en attendant que le groupe de travail formé dans ce but ait rendu ses résultats, la DSR lançait, le dimanche 16 février dernier, une grande campagne de propagande dans la presse quotidienne régionale pour convaincre du bien-fondé de cette mesure pourtant rejetée par 4 français sur 5. Tarif public de cette campagne : 1.6 million d’Euros. Certes, l’Etat doit bénéficier de tarifs spéciaux, mais les centaines de milliers d’Euros dépensés dans cette « opération pédagogique », comme l’appelle la DSR, auraient certainement mérité un meilleur usage. D’autant que le message relayé dans cette communication, qui s’appuie sur des « vieux » chiffres d’accidents de 2002 à 2005, manque singulièrement de clarté… Ce qui est clair en revanche, c’est le mépris que caractérise cette campagne pour l’opinion du peuple qui s’est fortement mobilisé pour dire son opposition, comme le mépris pour le Sénat et sa demande de suspension. Si c’est ce que les services de l’Etat entendent par concertation et pédagogie, ce message-là est clair.

 

La position de la Fédé

Ce combat n’est pas terminé, loin s’en faut, et nous devons continuer d’enfoncer le clou en écrivant à nos élus, sénateurs, députés, présidents de conseils départementaux, maires, pour leur expliquer nos arguments. Car contrairement à ce que sous-entendent avec beaucoup de démagogie là encore les défenseurs de cette mesure, nous ne supportons pas que l’on meure sur nos routes ! Nous demandons une politique de sécurité routière qui vise à éviter les accidents, et pas qui tente uniquement d’en réduire les conséquences ! Nous demandons l’application d’un continuum éducatif qui commence très tôt et amène à un réel partage de la route. Nous demandons que l’entretien des routes et la gestion des infrastructures bénéficient de budgets bien concrets, pour retrouver la première place qu’occupait il y a encore peu la France pour la qualité de son réseau routier, dont la dégradation l’a repoussé à la 7ème place européenne !

Pour obtenir enfin une politique de sécurité routière faite avec et pour les usagers, et non contre eux et leur portefeuille, nous sommes et resterons mobilisés !

Notez la date des 14 et1 15 avril, la FFMC appelle à une manifestation nationale, qui sera le point d’orgue des manifestations locales qui grâce à vos actions ont déjà fait couler beaucoup d’encre !

 

L’arbre qui cache la forêt

Cette magnifique mobilisation contre l’arbitraire que constitue l’ensemble de ces décisions du Comité interministériel de sécurité routière (CISR) ne doit pas pour autant masquer les autres décisions qui nous visent !

Ainsi, Rennes vient de se déclarer ZCR (Zone de circulation restreinte), donc en faveur des restrictions de circulation qui ignorent toujours superbement les arguments pourtant positifs en faveur du deux-roues en ville. Fluidification de la circulation donc moindres encombrements et pollution, moindre incidence de ce type de véhicules sur la dégradation des chaussées…

Autre sujet de préoccupation qu’il faut surveiller comme le lait sur le feu, le stationnement payant pour les deux-roues. En Ile de France, qui comme on le sait est de fait un laboratoire dans lequel sont mises en place des dispositions plus tard suivies par le reste du territoire (voir radars, restrictions de circulation par exemple), les villes de Vincennes et Charenton ont décidé de mettre en place ce stationnement payant pour les deux-roues. Les antennes d’Ile de France sont mobilisées, elles ont manifesté le 24 février contre ce stationnement payant, ont demandé à être reçues par les élus de ces deux villes. Mais il faut rester très vigilants sur ce sujet, car là encore, surtout quand le sujet peut rapporter quelques Euros, l’idée ne va pas manquer de faire son chemin ailleurs !

 

Quelles mesures de sécurité routière aurait aimé la FFMC ?

On nous dit que le réseau secondaire est le plus accidentogène ? Pourquoi alors ne pas rendre plus facilement accessible le réseau autoroutier, sur lequel on constate 5 fois moins d’accidents ? Un réseau largement payé par les contribuables, pourtant toujours aux mains d’argentiers qui ne cessent d’en augmenter les tarifs. Vous avez dit contre-productif ? Quant à l’entretien dudit réseau secondaire, c’est bien en toute connaissance de cause que les zones d’expérimentation du 80km/h ont bénéficié de resurfaçage, élargissement et autres facteurs visant à sécuriser davantage ces portions « expérimentales », faussant au passage l’expérimentation, mais c’est un autre sujet…

Les usagers fragiles, non seulement nous motards et scootards mais aussi piétons et cyclistes, sont victimes de nombreux accidents. Ces accidents surviennent majoritairement en zones urbaines et péri-urbaines, dans lesquelles l’abaissement de la vitesse à 80 n’aura aucune influence. N'aurait-on pas mieux fait de lancer une grande campagne de sensibilisation vers le partage de la route entre tous, plutôt que de défendre un 80 qui n’aura aucun effet sur ces usagers ?

Les distracteurs tels que le téléphone sont à l’évidence un facteur de risque important pour les usagers qui partagent la route avec des « hyperconnectés ». Une superbe campagne de communication pour transmettre le message de la dangerosité du téléphone voit le jour. Certes, c’est la société privée Orange, et non l’Etat dans sa mission régalienne, qui lance cette campagne.

Mais au moins celle-ci va dans le bon sens… Et si les deniers publics étaient utilisés pour limiter l’usage des distracteurs durant la conduite ?

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